“My father, my lord”,l’univers glauque d’une famille israelienne ultra orthodoxe

mars 7, 2009 par gb

Le film de David Volach décrit l’univers étouffant de la vie d’un enfant d’une famille juive de Jérusalem, dont le père est une figure d’un mouvement ultra religieux. Cette vie étrange, complètement coupée de la réalité extérieure, nous est décrite telle que peut la percevoir l’ enfant, le jeune Menahem,âgé d’entre 6 et 8 ans.

Le père est montré dans son fonctionnement entièrement tourné vers son activité religieuse, une activité elle-même centrée sur une seule chose: l’éxécution des rituels, l’ observance des “commandements”, et le développement d’une rhétorique de justification de cette pratique. On y voit l’enfermement intellectuel de cet homme, plongé continuellement dans le monde des livres, au point d’oublier l’enfant qui est à ses côtés, et dont la production intellectuelle aboutit à des nullités grotesques, que boivent religieusement les adeptes plus jeunes dont il est le mentor. Car une des choses montrées dans le film, c’est le côté momifié de cette pensée,uniquement consacrée à l’apologie du texte religieux, et son aspect incantatoire et vide. Il y a des pensées religieuses qui ont enrichi et approfondi la pensée humaine; celle-ci ne sert qu’à sa propre autoreproduction.

L’enfant, qui est pris dans cet univers de pensée qui l’enveloppe entièrement, l’admet, mais le film montre comment,avec sa sensibilité naturelle, quelque chose en lui perçoit bien les anomalies de ce discours, le côté inhumain et absurde de certaines de ces prescriptions, même si le père écrase immédiatement ce qui s’ébauche d’une pensée critique chez l’enfant, au nom de l’interdiction de critiquer et même de questionner les commandements religieux. On voit très clairement dans ces instants,la façon dont fonctionne l’interdit de penser qui est le substrat même de cette forme sectaire de religiosité. C’est le paradoxe même de cette forme d’hyper intellectualité que son but est d’empêcher de penser, car le but final, c’est l’obéissance.

Parallèlement à cette activité intellectuelle d’apologie de la soumission au texte – le contraire de la discussion et de l’émulation intellectuelle- on sent aussi les bénéfices énormes que peuvent en tirer les pratiquants: car pour eux, comme pour les activistes d’autres sectes,d’une part le monde est simple: tout a été dit et est écrit dans le texte sacré; et d’autre part , il y a le sentiment de faire partie de l’élite des “élus”, de ceux qui seuls, seront sauvés. On le voit dans le passage délirant ou le père explique que tous ceux qui ne sont pas les défenseurs de la Torah n’ont été créés par Dieu, hommes et animaux, que pour servir ces défenseurs, et n’ont pas d’existence individuelle aux yeux du Seigneur.

L’enfant essaye de trouver de quoi vivre dans ce monde étranger au monde, ou il n’a aucun contact avec d’autres adultes ou d’autres enfants que ceux du petit cercle d’adeptes. Même l’expédition de “vacances”, au bord de la Mer Morte, aboutit à une plage réservée aux pratiquants de la secte, et le voyage pour y arriver se fait dans un minibus réservé pour eux seuls.Le père, qui est affectueux envers l’ enfant, mais n’a aucune idée de ce qui est nécessaire à un enfant pour exister, en dehors des règles qui lui sont apprises, ne voit rien de ce qui se passe autour de lui, uniquement tourné vers son monde intérieur, et le drame qui va se produire sera la conséquence directe de cet aveuglement à la réalité qui l’entoure.

Le film est un cri de colère contre la violence latente dans ces pratiques. Il y joint le portrait juste et touchant d’un enfant, ce qui n’est pas si fréquent au cinéma, et de la plasticité de cet age, qui même dans le désert d’échanges qui l’entoure , repère les oasis de vie làou il le peut, et instinctivement, se tourne vers elles.

L’IRAN, LA BOMBE, ET LES SERVICES SECRETS AMERICAINS

mars 30, 2008 par gb

D’ après un article du Monde du 27/03/2008.

“Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté récemment une troisième série de  sanctions destinées à forcer l’Iran à interrompre son programme nucléaire, LeMonde a eu accès à des documents attestant que Téhéran a poursuivi un programme nucléaire militaire après 2003, contrairement à ce qu’affirmait un rapport de la direction nationale du renseignement amùéricain publié le 3 décembre 2007.

Le 25 février,le directeur général adjoint de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), le Finlandais Olli Heinonen, avait présenté des preuves de l’existence de ce programme militaire nucléaire iranien. Une lettre adressée courant 2004 à Gholam Reza Aghazadeh, vice- président de  l’Organisation de l’Energie Atomique d’Iran (AEOI), par l’ingénieur Mahdi Khaniki, l’un des principaux interlocuteurs de  l’AIEA, et ancien ambassadeur d’Iran en Syrie, confirme ces accusations.

Ces informations , détaillées dans l’article du Monde, contredisent une partie des conclusions du rapport des services américains. Pour expliquer cette incohérence, certain s diplomates français évoquent “un dysfonctionnement majeur” au sein des services américains.

D’autres sources avancent que, courant 2007 , les services de renseignement américains, ainsi que le Pentagone, se sont inquiétés du climat va-t-en guerre qui régnait alors à Washington, et du risque de voir le président Bush ouvrir un nouveau front militaire contre l’Iran. Le rapport du mois de décembre aurait alors eu pour but de couper court à la tentation de l’éxécutif américain de recourir à la force.

Il est vrai que ce fameux rapport des renseignements américains avait provoqué une stupeur générale, tant le monde entier, sauf ceux qui ont intérêt à protéger le programme nucléaire iranien ou leurs liens économiques avec l’Iran, voyait bien l’évidence de la politique de puissance menée par l’Iran et sa cohérence totale avec sa volonté d’accès a la puissance militaire nucléaire, jointe à sa mauvaise foi systématique.

En même temps,on comprend bien comment les services américains, manipulés par Bush , qui avait tronqué leurs rapports qui contestaient la possession par Saddam Hussein  d’armes chimique et biologiques, ainsi que ses liens avec Al Qaïda ,ont pu penser admettable de lui rendre la monnaie de sa pièce pour éviter une nouvelle catastrophe stratégique, mais au prix justement d’affaiblir la stratégie politique américaine confrontée à un très grave danger régional et mondial dans cette région du globe.

Les effets délétères du mensonge politique de Bush apparaissent ainsi dans la torsion du système démocratique américain qui lui est consécutive, et l’escamotage du fonctionnement normal des institutions, contourné par un système de “coups fourrés ” organisés par des officines qui manipulent l’opinion.

Le risque est évidemment  que la confiance envers les dirigeants américains soit totalement abolie,et que leurs discours soient mis sur le même plan que les discours intrinsèquement mensongers des dirigeants terroristes et/ou iraniens, et qu’une vision  “comploteuse” du monde se développe, qui favorise évidemment tous les négationnismes.

LE COMMUNIQUE DU CRIF SUR LE PARRAINAGE DES ENFANTS JUIFS DEPORTES

mars 25, 2008 par gb

Communiqué du 20/02/08

Le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) appelle à l’apaisement de la polémique qu’il juge largement artificielle au sujet de la proposition du Président Sarkozy annoncée lors du dîner du CRIF du 13 février, d’instituer un lien de mémoire entre les enfants du CM2 et les enfants juifs déportés de France et envoyés à la mort.

Le CRIF salue cette proposition pour son caractère humaniste et estime que la fin du primaire est un moment opportun pour sensibiliser les enfants au risque de l’antisémitisme et du racisme.

Le CRIF pense que des aménagements sont nécessaires pour que cette proposition puisse jouer son rôle éducatif effectif d’alerte civique et de stimulant à un travail historique personnel.

Le CRIF pense notamment qu’il vaut mieux élargir cette mémoire à l’ensemble d’une classe et souhaite qu’aux histoires d’enfants déportés s’associent des récits de sauvetage. Ainsi ce travail favorisera l’éducation et la tolérance de l’autre , quel qu’il soit.

Le CRIF estime que les critiques contre cette proposition sont, pour certaines excessives car il n’est pas question d’identification mortifère, mais de sensibilisation, et, pour d’autres, nauséabondes, dans la mesure ou elles refusent d’admettre le caractère universel de la Shoah et accentuent les amalgames et les compétitions victimaires.

L’ATTENTAT DE JERUSALEM: LES RESSOURCES DU MOYEN ORIENT EN MONSTRUOSITE NE SONT PAS PRES D’ETRE EPUISEES

mars 11, 2008 par gb

L’attentat perpétré par un palestinien dans une école religieuse juive et qui a coûté la vie à 8 adolescents juifs a été revendiqué par le Hamas. Non seulement il a qualifié cet acte d’héroïque, mais des palestiniens ont dansé pour fêter ce merveilleux évènement. La perversion des mots et des valeurs qui apparaît dans ces réactions montrent la profondeur de la sauvagerie qui apparaît dans cette région du monde et nécessite de comprendre le phénomène de la monstruosité qui s’étend dans la période actuelle:ni folie au sens clinique, ni “réaction naturelle”, c’est la passage à la limite de l’humain et du monstrueux dont il s’agit.

C’est la même désorientation qui se produit devant ces comportements que celle qui s’est produite devant le nazisme:l’alliance d’une absence de pathologie mentale spécifique avec des comportements inhumains, la coexistence d’une certaine intelligence et d’une culture nationale parmi les plus riches de l’humanité avec la sauvagerie la plus profonde ( en ce qui concerne le nazisme) laisse les penseurs perplexes.

Ce qui paraît toujours aussi inconcevable,c’est la minceur de cette couche de civilisation,qui a pourtant produit des chefs d’oeuvre inouïs ,et la façon dont les passions humaines, quand elles sont excitées par des chefs cyniques et pervers, peuvent balayer l’édifice éducatif,le patrimoine moral,et ce qui humanise les humains.

Il faut cependant admettre que les sommets ont été atteints dans ces dernières années par le fait que c’est au nom de la religion (musulmane), censée être le facteur civilisant par excellence, que des leaders pervers, ivres de volonté de puissance, ont justifié, et organisé la terreur,la manipulation, le mensonge, la haine et le meurtre de masse.

La conjonction d’une crise des repères sociaux liée à l’évolution accélérée du monde, qui a conduit les gens à s’accrocher à la religion comme à un dernier recours, et du détournement de l’immense appareil d’influence et de structuration intellectuelle de la religion en un instrument de controle des masses peu instruites( et pour le monde musulman, encore souvent structuré sur un mode archaïque clanique et tribal instable, la religion est un facteur vital d’unité, de stabilité et d’organisation politique, le monde occidental le comprend avec lenteur) donne un pouvoir énorme à ceux qui ont compris quel levier fondamental ils ont entre les mains.

Il est facile de constater que c’est la volonté de pouvoir politique d’individus, parvenus en position de contrôle d’un appareil d’état, ou d’un mouvement armé, ou d’un organisme politique ou religieux, qui déchaîne ces passions cyniquement exacerbées (haine d’un groupe social,pour le marxisme, qui le premier a “relativisé” les normes morales en les subordonnant au succès d’un mouvement politique;haine d’un groupe ethnique dans les conflits africains ou yougoslave;haine de l’ autre religion chez les islamistes qui tuent avec allégresse du sunnite ou du chiite, suivant leur groupe). Et l’on est obligé de constater que cette stratégie cynique est gagnante, au m,oins dans un premier temps , pour ceux qui ont choisi d’appuyer sur les ressorts de l’inhumain.

Les gisements du monstrueux sont encore rentables, la matière première ne manque pas:c’est l’alliance de la volonté de pouvoir et du mensonge chez les leaders, de la crédulité et de la plasticité humaine dans les masses.

La concentration de ces forces néfastes autour d’Israel dans la conjoncture actuelle, leur emprise sur les populations dans cette région, ne peuvent que rendre très inquiet quant à la suite qui s’annonce.

OPINION LIBRE:L’ESCALADE DE VIOLENCE AU MOYEN ORIENT

février 29, 2008 par gb

L’escalade dans l’utilisation par le Hamas des roquettes contre Israël , roquettes de plus en plus nombreuses, de plus en plus meurtrières, et dont la portée augmente progressivement jusqu’à atteindre actuellement, en attendant plus, la ville de Ashkelon montre que l’on s’achemine inévitablement vers une nouvelle guerre. Le Hamas espère manifestement pousser Israël à une intervention massive, et rééditer la réussite du Hezbollah qui avait contraint Israël à renoncer à ses objectifs. L’Etat-major israelien est évidemment conscient de cette stratégie, mais ne peut tolérer indéfiniment les attaques de plus en plus sanglantes opérées contre sa population. La politique de provocation du Hamas, destinée à produire des victimes civiles dans sa propre population du fait des ripostes israeliennes, et à enclencher dans l’opinion publique internationale un rejet de l’etat israelien, tout en soudant autour de lui les masses palestiniennes est d’une efficacité redoutable. Le contexte international, avec la crise économique occidentale, le recul du prestige américain et la montée des dictatures ex communistes qui s’appuient sur la haine antioccidentale qui fait rage dans le monde musulman,et qui constituent une alliance de fait avec ce monde musulman est favorable aux extrêmistes fanatiques . Comme le montre le texte de la Licra sur ce qui se passe à l’ONU,où l’on assiste à un système pervers ou religieux musulmans et dictateurs et démagogues variés (Castro, Chavez, Ahmadinejad,etc..) se donnent la main pour insulter les démocraties au nom de la religion et les droits de l’homme au nom de ces mêmes droits, dans une manipulation du langage digne d’Orwell et de sa “novlangue” de 1984 (“La guerre, c’est la paix” , “la dictature, c’est la liberté”, etc.). Encore une étape est franchie avec la campagne menée par les Etats arabes et les intellectuels arabes pour boycotter le Salon du Livre en France parce que son invité d’honneur est la littérature israélienne . Ces mêmes intellectuels arabes que l’on n’entend jamais critiquer leurs régimes dictatoriaux, le terrorisme,les atteintes aux droits des femmes, retrouvent leur voix et deviennent courageux quand il s’agit de réduire au silence leurs pairs israéliens, pourtant en majorité partisans de l’existence d’un état palestinien. La conjonction de toutes ces haines , même chez des hommes sensés avoir le recul de la culture et de l’intelligence, crée un climat lourd de menaces,qui commence à évoquer la montée des périls de l’entre- deux- guerres Le spectacle de la haine dont sont capables les hommes, et l’impossibilité pour les forces de raison de s’imposer face aux démagogues qui chevauchent ces mouvements irrationnels , la vision du peu de prix de la vie humaine , y compris la leur, pour les manipulateurs de ces forces obscures,, et même de leur pouvoir d’entraînement sur des masses immenses,fait penser que le pire commence à devenir possible. La lutte de vitesse entre les forces lucides sur les menaces pesant non seulement sur les libertés ( de pensée, de critique), mais aussi sur la paix et la survie de l’humanité, et les forces de destruction de l’humain est engagée. Elle risque d’être aussi féroce que l’a été la guerre entre le monde libre et le nazisme à une certaine époque.

Correction: il s’est trouvé quelques très rares intellectuels arabes pour se désolidariser du boycott prôné par les organisations (officielles) d’écrivains arabes et les Etats arabes .

SUITE DE LA CONTROVERSE SUR LE PARRAINAGE DES ENFANTS JUIFS DEPORTES

février 18, 2008 par gb

Le Pr Rufo, pédopsychiatre réputé, s’inscrit en faux contre l’idée que l’initiative de Nicholas Sarkozy pourrait créer des troubles psychologiques, idée qu’il trouve “grotesque”. “On peut trouver l’initiative du président surprenante, mais pas prétendre qu’elle est traumatique. Le souvenir transculturel et transreligieux est toujours quelque chose d’intéressant, surtout lorsqu’il peut mener vers une plus grande tolérance”, dit-il.

Mais le majorité des réactions continue d’être très sévère avec cette proposition; François Hollande est revenu sur son avis favorable initial Claude Lanzmann s’élève dans Le Monde contre l’idée que avec la disparition des derniers témoins vivants de la Shoah, c’est la mémoire qui va disparaître . Il affirme que c’est au premier chef par la culture et les oeuvres d’art que la transmission s’effectue : des dizaines de milliers de livres ont été écrits, des films, des oeuvres, des témoignages…Il met en garde contre” l’activisme mémoriel” qui “incapable de regarder en face l’immensité de la perte, s’ingénie à ouvrir des chemins secondaires qui instituent l’oubli plus que la mémoire.”

Serge Klarsfeld, qui rappelle le travail de rétablissement de la réalité minutieux qu’il a effectué en reconstituant la liste exhaustive de tous les enfants déportés, défend avec passion cette initiative, en disant qu’ainsi , les enfants déportés”,auront échappé à la nuit et au brouillard de l’oubli  et échapperont à l’immense poubelle de l’histoire. “Grâce à Jacques Chirac on se souviendra des Justes et des 60 000 enfants juifs sauvés;grâce à Sarkozy, on se souviendra des 11400 enfants juifs perdus”.

Il semble que l’on s’achemine vers une inflexion de l’idée initiale vers la prise en charge de la mémoire d’un enfant par toute une classe et non par un enfant, évolution qui ne résout que la question de l’éventuel” traumatisme ” vécu par des enfants; ce compromis paraît avoir eu l’assentiment du président du CRIF.

A suivre sans doute

SIMONE VEIL DENONCE L’IDEE DE PARRAINAGE DES ENFANTS JUIFS DEPORTES

février 16, 2008 par gb

D’après l’article de Judith Waintraub du 16 février 2008 dans Le Figaro.

Les premières réactions à la proposition de Nicholas Sarkozy avaient été plutôt positives , ( François Hollande disant que “chaque fois qu’on peut faire transmettre les exigences du devoir de mémoire, il faut le faire”, Malek Boutih du PS comme Serge Klarsfeld, l’ayant approuvé), mais au fil du temps la tendance s’est nettement inversée, et les critiques sont de plus en plus nombreuses.

Simone Veil a déclaré cette initiative “inimaginable, insoutenable et injuste”. La présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah a dit que “on ne peut pas infliger cà à des petits de 10 ans.”.”Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés après la guerre de ce que nous avions vécu, même avec nos proches, et aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits enfants”. Elle ajouté que “beaucoup d’enseignants parlent très bien de ces sujets là ” avant d’évoquer le risque d’attiser les antagonismes religieux:” Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d’incarner le souvenir d’un petit juif ?”. C’est évidemment la critique majeure qui peut être faite à cette initiative, sans parler de l’ambigüité du terme “devoir de mémoire” qui fleurit dans les écrits de la période actuelle

Même si la bonne volonté ne fait pas de doute, encore une fois, le côté hâtif, non concerté et non approfondi de la proposition laisse perplexe sur les mécanismes de prise de décision de la présidence française.

OPINION LIBRE:L’ARCHEVEQUE DE CANTERBURY, LA CHARIA, ET LA POUSSEE POLITIQUE DES RELIGIEUX

février 10, 2008 par gb

L’annonce faite par l’archevêque de Canterbury, chef de l’Eglise Anglicane, de ce qu’il pense qu’il “faudra” appliquer la charia, au moins partiellement, en Grande Bretagne, pour “éviter une ségrégation des populations musulmanes”, montre l’évolution inquiétante et rapide des idées et l’offensive générale lancée par les Eglises contre la laïcité dans tout le monde occidental.

La coïncidence de ces déclarations consternantes avec celles de Sarkozy affichant publiquement ses croyances catholiques et défendant l’idée que seule la religion peut donner sens aux existences humaines, et avec les prises de position de l’Eglise Espagnole invitant les Espagnols à voter contre la Gauche pour défendre les options catholiques concernant l’avortement et le mariage homosexuel, montre que il s’agit bien d’une volonté de relever la tête des partisans d’un rôle politique de l’Eglise dans la vie des Etats, ce qui est la définition même de la remise en question de la laïcité fondée sur l’idée que la religion est une opinion privée.

On constate ainsi une convergence des trois religions monothéistes dans ce but, et un soutien réciproque qui aboutit à une alliance tacite dont les signes se multiplient. Le paradoxe est que un mouvement de cette sorte, qui possède une dimension positive, par le fait de s’appuyer sur ce que ces religions partagent, ce qui entraîne une diminution du racisme et du mépris des unes envers les autres, aboutit à la désignation d’un ennemi commun, qui est l’autonomie de l’Etat par rapport aux Eglises. Dans tous les domaines, les Eglises revendiquent de plus en plus un droit de regard et leur autodésignation comme référent moral de l’identité et des valeurs de la population.

Le mélange de cette promotion du pouvoir politique de l’Eglise et d’un “politiquement correct” effrayant par son absence de toute réflexion politique aboutit à ces dérives qui nous menacent d’un retour en arrière à l’époque de l’affrontement entre” pouvoir temporel” (les empereurs et les rois en Europe) et “pouvoir spirituel” ( évêques et pape).

Déjà, au Canada, on avait assisté à la même dérive, la justice ayant entériné des jugements selon la “charia”. Ce n’est pas un hasard si c’est dans le monde anglo-saxon ,très engagé dans une vue communautariste des rapports entre groupe ethniques, que se développe un tel discours qui aboutit à la dissolution de l’idée d’une Loi identique pour tous, fondatrice d’une nation et des libertés, au profit de la légalisation de traditions communautaires, entérinant les pratiques les plus barbares au nom du respect de l’identité des peuples.

Même si l’archevêque a pris soin de préciser que cette acceptation de la Charia n’irait pas jusqu’à l’acceptation de châtiments du genre amputation, lapidation, ou flagellation (on le remercie), il ne s’agit que de discuter du degré de cette acceptation, non du principe.

Cette reviviscence de la volonté d’influence politique des Eglises s’appuie sur le phénomène mondial de la déliquescence des idéologies universalistes du siècle précédent (communisme,fascisme, socialisme) ,face auquel la mondialisation n’apporte que insécurité, sentiment d’impuissance, et pragmatisme cynique, sans parler de l’érosion des identités nationales.

La religion réapparaît aux yeux d’une part des masses comme la seule idéologie universaliste capable de résister à l’utilitarisme dont la vie économique donne l’exemple tous les jours. La démocratie n’est plus conquérante, ( la dernière tentative de l’étendre par la force en Irak ayant fait la démonstration de sa vanité). La religion apparaît donc pour certains comme le seul ensemble de pensée cohérent préfabriqué utilisable pour structurer les existences de ceux qui sont perdus devant l’illisibilité du monde moderne, et les hiérarchies religieuses tentent d’en profiter pour restructurer en même temps les institutions politiques, juridiques et sociales de façon à établir des positions stratégiques difficiles à reconquérir pour les partisans de la laïcité.

Certains politiques, soit par options religieuses personnelles, soit par opportunisme cyniquement conscient d’un nouveau levier populiste à manier, n’hésitent pas à jouer cette carte et à accélérer le processus.

Cette orientation rejoint les intérêts politiques de certains Etats, (pays arabes, Chine, etc) qui s’appuient sur l’idée d’une non universalité des Droits de l’Homme pour justifier des régimes dictatoriaux au nom des “traditions” propres à leurs cultures. La démonstration risque d’en être faite bientôt avec l’adoption qui se prépare par la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, dirigée par la Lybie(!), de la vision de ces droits par les Arabes: le sionisme y est décrit comme une atteinte aux droits fondamentaux, mais pas le sort réservé aux femmes dans ces pays
Il ne faut pas laisser sans réplique ces attaques contre le gain précieux qu’a été pour la France, et pour d’autres pays, la laïcité, c’est à dire l’autonomie du politique sur le religieux, face à ceux qui rêvent, catholiques, musulmans et juifs, de nous ramener cinq siècles en arrière au temps ou les Eglises réglaient leurs comptes avec la pensée de façon barbare.

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OPINION LIBRE:GAZA ET LA PLACE D’ISRAEL AU PROCHE ORIENT

janvier 27, 2008 par gb

La tournure que prennent les évènements à Gaza avec la destruction par le Hamas de la barrière frontalière avec l’Egypte, et l’impuissance, en tout cas actuelle, de l’Egypte comme d’Israël à trouver une parade aux coups de force des islamistes constitue un élément supplémentaire d’inquiétude qui vient s’ajouter à l’impunité avec laquelle l’Iran continue sa marche forcée vers l’acquisition de la bombe atomique. La conjonction de la vague islamiste mondiale avec la violence des revendications identitaires dans le monde musulman, le recul politique de l’Occident avec l’échec prévisible de l’engagement américain en Irak, le retour sur la scène des puissances ex communistes (Russie et Chine, portées l’une par ses extraordinaires ressources énergétiques, l’autre par l’élan formidable de sa montée en puissance économique),elles-mêmes mues par un nationalisme anti occidental qui rejoint la haine qui bouillonne dans les pays arabes, la vulnérabilité des pays arabes alliés de l’Occident, tous ces facteurs font craindre que des nouvelles épreuves attendent l’Etat Israelien dans les années qui viennent.

Le pouvoir de nuisance de la Syrie au Liban, protégée par le fait que cela pourrait être pire si la dictature s’effondrait,comme en Irak (ce qui montre que dans les pays arabes, la question de la démocratie n’est pas la question d’actualité, car l’irruption des masses incultes sur la scène politique favorise les groupes extrêmistes et ultra traditionalistes, qui rassurent démagogiquement ces populations effrayées par la modernité face à laquelle leurs structures sociales claniques sont désadaptées) montre là aussi les limites de l’efficacité démocratique dans cette région. Le Hezbollah, après avoir résisté avec succès à l’offensive israélienne mal conduite de la dernière guerre au Liban, renforce son arsenal militaire qui menace maintenant les principales villes d’Israel, tout en paralysant toute la vie politique du Liban, multiplie les menaces et les provocations, espérant visiblement prendre le pouvoir à l’occasion de la première faiblesse de la démocratie libanaise, tout en affirmant que son but, comme celui de ses maîtres iraniens, est la disparition complète de l’”entité sioniste”.

Le Liban est un exemple inquiétant de la façon dont les islamistes arrivent à s’intriquer dans le tissu social de façon indémêlable,même sans qu’il y ait nécessairement un nationalisme dont l’islamisme prend le relais.

Au Sud, le Hamas, aussi virulent que le Hezbollah au Nord, mais pas encore aussi puissant, continue de harceler avec ses roquettes l’Etat Hébreu, sans que ce terrorisme à distance puisse être neutralisé, mais seulement limité. Son dernier coup de force à la frontière égyptienne menace le régime égyptien par sa possible jonction avec l’opposition des Frères Musulmans en Egypte, auxquels le régime ne résiste que avec beaucoup de difficultés.

Face à cette montée des périls, dont on voit bien que les moyens militaires puissants d’Israël n’arrivent pas à venir à bout, car l’usage de sa puissance est limité par le fait que les populations civiles sont à chaque fois utilisée comme “bouclier humain” , et que des pertes civiles trop lourdes isoleraient tellement Israël de ses alliés et des pays arabes modérés que le prix serait insupportable, il ne reste que l’action politique, et une évolution de la situation des négociations avec les Palestiniens.

Seule une création d’un état palestinien vivable (et non un bantoustan qui ne résoudrait en rien la soif de nation des palestiniens) permettrait de détourner la violence créée par cette aspiration aussi légitime que celle des israeliens ,vers un travail de construction d’un pays, et pourrait faire passer les revendications maximalistes de certains au rang d’un irrédentisme résiduel et sans vrai pouvoir de nuisance. Ceci nécessiterait que la politique israélienne soit claire et profite de la division des palestiniens en modérés et extremistes, Fatah et Hamas. La “fenêtre” de possibilité d’accord risque de se fermer à chaque moment, à chaque provocation meurtrière entraînant une réponse aussi meurtrière, ressoudant les deux camps palestiniens, ou faisant basculer les palestiniens dans une surenchère extremiste, dont ils restent toujours dangereusement proches.

La survie d’Israël, qui nécessite à terme que il ne soit pas en permanence soumis à la peur de la destruction, ni dépendant des autres pour l’éviter, ne peut passer que par cette solution. La majorité de la population semble bien l’avoir compris, qui accepte maintenant le principe de cette existence d’un état palestinien, mais c’est le système politique israelien, avec le poids politique des petits partis religieux et extrêmistes, qui freine cette issue.

Là ou Ariel Sharon disposait de l’autorité et du prestige personnel capable d’entraîner le pays dans cette voie, Olmert, faible et déconsidéré, n’est apparemment pas l’homme de la situation. Arrivera-t-il à surmonter ces faiblesses pour ouvrir une perspective de paix (relative au moins) dans la région? Cela devrait se vérifier rapidement, car le compte à rebours de l’échec est commencé.

N’hésitez pas à donner votre avis et à envoyer un commentaire…

LIVRES DES MONDES JUIFS

janvier 15, 2008 par gb


Sous l’égide de l’AEJC – Association pour l’enseignement du Judaïsme comme culture; Président Izio Rosenman

RETENEZ LA DATE !

FAITES CIRCULER !

Samedi 19 janvier 2008 de 20h30 à 22h30

Dimanche 20 janvier 2008 de 11h à 22h30

Hôtel Lutétia, Paris 6e

Une soirée et une journée de dialogues entre écrivains et penseurs de diverses origines, autour de livres portant sur des thématiques juives. Toutes les rencontres seront suivies d’un échange de questions/réponses avec le public. Les auteurs invités signeront leurs livres dans l’espace librairie

En partenariat avec la Fondation du Judaïsme français

Avec le soutien de la Fondation Rothschild-Institut Alain de Rothschild, de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et de la Mairie de Paris

Renseignements: Barbara OUDIZ, Directrice des rencontres

Tél. 09 62 02 10 09; courriel: livresdesmondesjuifs@gmail.com

www.livresdesmondesjuifs.com

Partenaires médias : Akadem.org, France Culture, Transfuge


PROGRAMME

SAMEDI 19 janvier 20h30 à 22h30

Portes ouvertes à partir de 20h

20h30-22h EN AVANT PREMIERE : RENCONTRE AVEC A.B. YEHOSHUA

En avant première de la sortie, en février 2008, de son nouveau roman, Un Feu amical (éd. Calmann-Lévy), le romancier, essayiste et militant pour la paix israélien A.B. Yehoshua* présentera son nouveau livre et parlera de l’ensemble de son œuvre avec Anny Dayan Rosenman, Maître de conférence en littérature à l’Université de Paris 7- Diderot.

* Un Feu amical (Calmann-Lévy février 2008) ; Le Responsable des ressources humaines (2005), Israël, un examen moral (2004) ; La Mariée libérée (2003), Voyage vers l’an Mil (1998)…

DIMANCHE 20 janvier de 11h à 22h30

Portes ouvertes à partir de 10h30

11h-12h30 « Diasporas en dialogue » RELIGION, VIOLENCE ET SOCIETE

Dialogue à trois voix entre Elie Barnavi (Les Religions meurtrières; Flammarion 2006) historien, directeur du comité scientifique du Musée de l’Europe à Bruxelles et ancien ambassadeur d’Israël à Paris ; Julia Kristeva (Cet incroyable besoin de croire, Bayard 2007), écrivain et psychanalyste ; et Abdelwahab Meddeb (Sortir de la Malédiction ; L’islam entre civilisation et barbarie, le Seuil 2008) écrivain et animateur de l’émission « Cultures d’Islam » à France Culture. Les auteurs aborderont le sujet sous l’angle historique, psychanalytique et sociologique. Séance animée par Jean-Luc Pouthier, directeur du mensuel Le Monde de la Bible .

14h30 -16h DANS LA PEAU DE L’AUTRE

L’écrivain et psychanalyste Philippe Grimbert, dans son roman Un Secret (Grasset 2004) évoque l’histoire de sa jeunesse placée sous le signe d’un frère disparu ; l’écrivain et critique littéraire Clémence Boulouque dans Nuit Ouverte (Flammarion 2007) dresse le portrait de la première femme rabbin du monde ; morte à Auschwitz en 1944, et Karine Tuil dans Douce France (Grasset 2007), en se glissant dans la peau d’une clandestine d’aujourd’hui, se pose la question « Sommes-nous tous des immigrés ? ». Séance animée par Raphaël Enthoven , écrivain et animateur de l’émission « Les Chemins de la Connaissance » à France Culture.


16h30- 17h30 RENCONTRE AVEC ERRI DE LUCA

Romancier, essayiste, alpiniste, fin connaisseur de la Bible, de l’hébreu et du yiddish qu’il a appris en autodidacte, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire Erri de Luca*. Il s’entretiendra avec Raphaëlle Rérolle, spécialiste de littérature étrangère au Monde des Livres .

Sur la trace de Nives (Gallimard 2006), Comme une langue au palais (2006), Essais de réponse (2005), Noyau d’Olive (2004), Montedideo (2002), Trois Chevaux (2001) …

18h- 19h15 ODESSA, VILLE MYTHIQUE

Ville où foisonnent, à la fin du 19e siècle, la pègre aussi bien que les arts, et particulièrement la vie littéraire juive, Odessa n’a cessé de fasciner des générations d’écrivains. Le romancier américain Jerome Charyn (Sténo sauvage, La Vie et la mort d’Isaac Babel, Mercure de France, 2007) et l’écrivain Sandrine Treiner (Le Gout d’Odessa, Mercure de France 2005 ) feront revivre en dialogue les grandes légendes odessites et le personnage d’Isaac Babel, accompagnés de musiques traditionnelles d’Odessa et de lectures de textes.

20h30- 22h VIVRE MALGRE TOUT

Que l’on soit juif, rwandais ou cambodgien, la question traverse les générations et les continents : comment fait un peuple, comment font des individus, pour continuer à vivre après un génocide ? Avec Jean Hatzfeld, écrivain et journaliste (La Stratégie des Antilopes , le Seuil, Prix Médicis 2007, 3ème volet sur le Rwanda) ; Claude Lanzmann, réalisateur ( Shoah 1985), et Rithy Panh, (sous réserve) réalisateur (S21, La machine de mort Khmer Rouge 2003). Séance animée par Franck Nouchi du journal Le Monde.

Participation aux frais : samedi (rencontre avec AB Yehoshua) 8€ ; dimanche (forfait de 5 rencontres) 10€; samedi soir et dimanche (forfait de 6 rencontres) 12€. Réduction étudiants : 2€

CONTRIBUTIONS

VOUS POUVEZ SOUTENIR CES RENCONTRES en envoyant un chèque à partir de 100€ à l’ordre de la Fondation du Judaïsme français, 72 rue de Bellechasse, 75007 Paris (indiquez au dos : « Livres des mondes juifs »). Ces dons feront l’objet de l’établissement, par les soins de la Fondation, d’un reçu libératoire. Ils ouvrent droit aux déductions fiscales actuellement en vigueur, soit 66% pour les particuliers déductibles des impôts dans la limite de 20% du revenu imposable (pour les entreprises : 60% dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaires). Les donateurs bénéficieront d’une entrée gratuite à toutes les rencontres.