Archives pour février 2008

OPINION LIBRE:L’ESCALADE DE VIOLENCE AU MOYEN ORIENT

février 29, 2008

L’escalade dans l’utilisation par le Hamas des roquettes contre Israël , roquettes de plus en plus nombreuses, de plus en plus meurtrières, et dont la portée augmente progressivement jusqu’à atteindre actuellement, en attendant plus, la ville de Ashkelon montre que l’on s’achemine inévitablement vers une nouvelle guerre. Le Hamas espère manifestement pousser Israël à une intervention massive, et rééditer la réussite du Hezbollah qui avait contraint Israël à renoncer à ses objectifs. L’Etat-major israelien est évidemment conscient de cette stratégie, mais ne peut tolérer indéfiniment les attaques de plus en plus sanglantes opérées contre sa population. La politique de provocation du Hamas, destinée à produire des victimes civiles dans sa propre population du fait des ripostes israeliennes, et à enclencher dans l’opinion publique internationale un rejet de l’etat israelien, tout en soudant autour de lui les masses palestiniennes est d’une efficacité redoutable. Le contexte international, avec la crise économique occidentale, le recul du prestige américain et la montée des dictatures ex communistes qui s’appuient sur la haine antioccidentale qui fait rage dans le monde musulman,et qui constituent une alliance de fait avec ce monde musulman est favorable aux extrêmistes fanatiques . Comme le montre le texte de la Licra sur ce qui se passe à l’ONU,où l’on assiste à un système pervers ou religieux musulmans et dictateurs et démagogues variés (Castro, Chavez, Ahmadinejad,etc..) se donnent la main pour insulter les démocraties au nom de la religion et les droits de l’homme au nom de ces mêmes droits, dans une manipulation du langage digne d’Orwell et de sa “novlangue” de 1984 (“La guerre, c’est la paix” , “la dictature, c’est la liberté”, etc.). Encore une étape est franchie avec la campagne menée par les Etats arabes et les intellectuels arabes pour boycotter le Salon du Livre en France parce que son invité d’honneur est la littérature israélienne . Ces mêmes intellectuels arabes que l’on n’entend jamais critiquer leurs régimes dictatoriaux, le terrorisme,les atteintes aux droits des femmes, retrouvent leur voix et deviennent courageux quand il s’agit de réduire au silence leurs pairs israéliens, pourtant en majorité partisans de l’existence d’un état palestinien. La conjonction de toutes ces haines , même chez des hommes sensés avoir le recul de la culture et de l’intelligence, crée un climat lourd de menaces,qui commence à évoquer la montée des périls de l’entre- deux- guerres Le spectacle de la haine dont sont capables les hommes, et l’impossibilité pour les forces de raison de s’imposer face aux démagogues qui chevauchent ces mouvements irrationnels , la vision du peu de prix de la vie humaine , y compris la leur, pour les manipulateurs de ces forces obscures,, et même de leur pouvoir d’entraînement sur des masses immenses,fait penser que le pire commence à devenir possible. La lutte de vitesse entre les forces lucides sur les menaces pesant non seulement sur les libertés ( de pensée, de critique), mais aussi sur la paix et la survie de l’humanité, et les forces de destruction de l’humain est engagée. Elle risque d’être aussi féroce que l’a été la guerre entre le monde libre et le nazisme à une certaine époque.

Correction: il s’est trouvé quelques très rares intellectuels arabes pour se désolidariser du boycott prôné par les organisations (officielles) d’écrivains arabes et les Etats arabes .

SUITE DE LA CONTROVERSE SUR LE PARRAINAGE DES ENFANTS JUIFS DEPORTES

février 18, 2008

Le Pr Rufo, pédopsychiatre réputé, s’inscrit en faux contre l’idée que l’initiative de Nicholas Sarkozy pourrait créer des troubles psychologiques, idée qu’il trouve “grotesque”. “On peut trouver l’initiative du président surprenante, mais pas prétendre qu’elle est traumatique. Le souvenir transculturel et transreligieux est toujours quelque chose d’intéressant, surtout lorsqu’il peut mener vers une plus grande tolérance”, dit-il.

Mais le majorité des réactions continue d’être très sévère avec cette proposition; François Hollande est revenu sur son avis favorable initial Claude Lanzmann s’élève dans Le Monde contre l’idée que avec la disparition des derniers témoins vivants de la Shoah, c’est la mémoire qui va disparaître . Il affirme que c’est au premier chef par la culture et les oeuvres d’art que la transmission s’effectue : des dizaines de milliers de livres ont été écrits, des films, des oeuvres, des témoignages…Il met en garde contre” l’activisme mémoriel” qui “incapable de regarder en face l’immensité de la perte, s’ingénie à ouvrir des chemins secondaires qui instituent l’oubli plus que la mémoire.”

Serge Klarsfeld, qui rappelle le travail de rétablissement de la réalité minutieux qu’il a effectué en reconstituant la liste exhaustive de tous les enfants déportés, défend avec passion cette initiative, en disant qu’ainsi , les enfants déportés”,auront échappé à la nuit et au brouillard de l’oubli  et échapperont à l’immense poubelle de l’histoire. “Grâce à Jacques Chirac on se souviendra des Justes et des 60 000 enfants juifs sauvés;grâce à Sarkozy, on se souviendra des 11400 enfants juifs perdus”.

Il semble que l’on s’achemine vers une inflexion de l’idée initiale vers la prise en charge de la mémoire d’un enfant par toute une classe et non par un enfant, évolution qui ne résout que la question de l’éventuel” traumatisme ” vécu par des enfants; ce compromis paraît avoir eu l’assentiment du président du CRIF.

A suivre sans doute

SIMONE VEIL DENONCE L’IDEE DE PARRAINAGE DES ENFANTS JUIFS DEPORTES

février 16, 2008

D’après l’article de Judith Waintraub du 16 février 2008 dans Le Figaro.

Les premières réactions à la proposition de Nicholas Sarkozy avaient été plutôt positives , ( François Hollande disant que “chaque fois qu’on peut faire transmettre les exigences du devoir de mémoire, il faut le faire”, Malek Boutih du PS comme Serge Klarsfeld, l’ayant approuvé), mais au fil du temps la tendance s’est nettement inversée, et les critiques sont de plus en plus nombreuses.

Simone Veil a déclaré cette initiative “inimaginable, insoutenable et injuste”. La présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah a dit que “on ne peut pas infliger cà à des petits de 10 ans.”.”Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés après la guerre de ce que nous avions vécu, même avec nos proches, et aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits enfants”. Elle ajouté que “beaucoup d’enseignants parlent très bien de ces sujets là ” avant d’évoquer le risque d’attiser les antagonismes religieux:” Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d’incarner le souvenir d’un petit juif ?”. C’est évidemment la critique majeure qui peut être faite à cette initiative, sans parler de l’ambigüité du terme “devoir de mémoire” qui fleurit dans les écrits de la période actuelle

Même si la bonne volonté ne fait pas de doute, encore une fois, le côté hâtif, non concerté et non approfondi de la proposition laisse perplexe sur les mécanismes de prise de décision de la présidence française.

OPINION LIBRE:L’ARCHEVEQUE DE CANTERBURY, LA CHARIA, ET LA POUSSEE POLITIQUE DES RELIGIEUX

février 10, 2008

L’annonce faite par l’archevêque de Canterbury, chef de l’Eglise Anglicane, de ce qu’il pense qu’il “faudra” appliquer la charia, au moins partiellement, en Grande Bretagne, pour “éviter une ségrégation des populations musulmanes”, montre l’évolution inquiétante et rapide des idées et l’offensive générale lancée par les Eglises contre la laïcité dans tout le monde occidental.

La coïncidence de ces déclarations consternantes avec celles de Sarkozy affichant publiquement ses croyances catholiques et défendant l’idée que seule la religion peut donner sens aux existences humaines, et avec les prises de position de l’Eglise Espagnole invitant les Espagnols à voter contre la Gauche pour défendre les options catholiques concernant l’avortement et le mariage homosexuel, montre que il s’agit bien d’une volonté de relever la tête des partisans d’un rôle politique de l’Eglise dans la vie des Etats, ce qui est la définition même de la remise en question de la laïcité fondée sur l’idée que la religion est une opinion privée.

On constate ainsi une convergence des trois religions monothéistes dans ce but, et un soutien réciproque qui aboutit à une alliance tacite dont les signes se multiplient. Le paradoxe est que un mouvement de cette sorte, qui possède une dimension positive, par le fait de s’appuyer sur ce que ces religions partagent, ce qui entraîne une diminution du racisme et du mépris des unes envers les autres, aboutit à la désignation d’un ennemi commun, qui est l’autonomie de l’Etat par rapport aux Eglises. Dans tous les domaines, les Eglises revendiquent de plus en plus un droit de regard et leur autodésignation comme référent moral de l’identité et des valeurs de la population.

Le mélange de cette promotion du pouvoir politique de l’Eglise et d’un “politiquement correct” effrayant par son absence de toute réflexion politique aboutit à ces dérives qui nous menacent d’un retour en arrière à l’époque de l’affrontement entre” pouvoir temporel” (les empereurs et les rois en Europe) et “pouvoir spirituel” ( évêques et pape).

Déjà, au Canada, on avait assisté à la même dérive, la justice ayant entériné des jugements selon la “charia”. Ce n’est pas un hasard si c’est dans le monde anglo-saxon ,très engagé dans une vue communautariste des rapports entre groupe ethniques, que se développe un tel discours qui aboutit à la dissolution de l’idée d’une Loi identique pour tous, fondatrice d’une nation et des libertés, au profit de la légalisation de traditions communautaires, entérinant les pratiques les plus barbares au nom du respect de l’identité des peuples.

Même si l’archevêque a pris soin de préciser que cette acceptation de la Charia n’irait pas jusqu’à l’acceptation de châtiments du genre amputation, lapidation, ou flagellation (on le remercie), il ne s’agit que de discuter du degré de cette acceptation, non du principe.

Cette reviviscence de la volonté d’influence politique des Eglises s’appuie sur le phénomène mondial de la déliquescence des idéologies universalistes du siècle précédent (communisme,fascisme, socialisme) ,face auquel la mondialisation n’apporte que insécurité, sentiment d’impuissance, et pragmatisme cynique, sans parler de l’érosion des identités nationales.

La religion réapparaît aux yeux d’une part des masses comme la seule idéologie universaliste capable de résister à l’utilitarisme dont la vie économique donne l’exemple tous les jours. La démocratie n’est plus conquérante, ( la dernière tentative de l’étendre par la force en Irak ayant fait la démonstration de sa vanité). La religion apparaît donc pour certains comme le seul ensemble de pensée cohérent préfabriqué utilisable pour structurer les existences de ceux qui sont perdus devant l’illisibilité du monde moderne, et les hiérarchies religieuses tentent d’en profiter pour restructurer en même temps les institutions politiques, juridiques et sociales de façon à établir des positions stratégiques difficiles à reconquérir pour les partisans de la laïcité.

Certains politiques, soit par options religieuses personnelles, soit par opportunisme cyniquement conscient d’un nouveau levier populiste à manier, n’hésitent pas à jouer cette carte et à accélérer le processus.

Cette orientation rejoint les intérêts politiques de certains Etats, (pays arabes, Chine, etc) qui s’appuient sur l’idée d’une non universalité des Droits de l’Homme pour justifier des régimes dictatoriaux au nom des “traditions” propres à leurs cultures. La démonstration risque d’en être faite bientôt avec l’adoption qui se prépare par la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, dirigée par la Lybie(!), de la vision de ces droits par les Arabes: le sionisme y est décrit comme une atteinte aux droits fondamentaux, mais pas le sort réservé aux femmes dans ces pays
Il ne faut pas laisser sans réplique ces attaques contre le gain précieux qu’a été pour la France, et pour d’autres pays, la laïcité, c’est à dire l’autonomie du politique sur le religieux, face à ceux qui rêvent, catholiques, musulmans et juifs, de nous ramener cinq siècles en arrière au temps ou les Eglises réglaient leurs comptes avec la pensée de façon barbare.

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