L’IRAN, LA BOMBE, ET LES SERVICES SECRETS AMERICAINS

D’ après un article du Monde du 27/03/2008.

“Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté récemment une troisième série de sanctions destinées à forcer l’Iran à interrompre son programme nucléaire, LeMonde a eu accès à des documents attestant que Téhéran a poursuivi un programme nucléaire militaire après 2003, contrairement à ce qu’affirmait un rapport de la direction nationale du renseignement amùéricain publié le 3 décembre 2007.

Le 25 février,le directeur général adjoint de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), le Finlandais Olli Heinonen, avait présenté des preuves de l’existence de ce programme militaire nucléaire iranien. Une lettre adressée courant 2004 à Gholam Reza Aghazadeh, vice- président de l’Organisation de l’Energie Atomique d’Iran (AEOI), par l’ingénieur Mahdi Khaniki, l’un des principaux interlocuteurs de l’AIEA, et ancien ambassadeur d’Iran en Syrie, confirme ces accusations.

Ces informations , détaillées dans l’article du Monde, contredisent une partie des conclusions du rapport des services américains. Pour expliquer cette incohérence, certain s diplomates français évoquent “un dysfonctionnement majeur” au sein des services américains.

D’autres sources avancent que, courant 2007 , les services de renseignement américains, ainsi que le Pentagone, se sont inquiétés du climat va-t-en guerre qui régnait alors à Washington, et du risque de voir le président Bush ouvrir un nouveau front militaire contre l’Iran. Le rapport du mois de décembre aurait alors eu pour but de couper court à la tentation de l’éxécutif américain de recourir à la force.

Il est vrai que ce fameux rapport des renseignements américains avait provoqué une stupeur générale, tant le monde entier, sauf ceux qui ont intérêt à protéger le programme nucléaire iranien ou leurs liens économiques avec l’Iran, voyait bien l’évidence de la politique de puissance menée par l’Iran et sa cohérence totale avec sa volonté d’accès a la puissance militaire nucléaire, jointe à sa mauvaise foi systématique.

En même temps,on comprend bien comment les services américains, manipulés par Bush , qui avait tronqué leurs rapports qui contestaient la possession par Saddam Hussein d’armes chimique et biologiques, ainsi que ses liens avec Al Qaïda ,ont pu penser admettable de lui rendre la monnaie de sa pièce pour éviter une nouvelle catastrophe stratégique, mais au prix justement d’affaiblir la stratégie politique américaine confrontée à un très grave danger régional et mondial dans cette région du globe.

Les effets délétères du mensonge politique de Bush apparaissent ainsi dans la torsion du système démocratique américain qui lui est consécutive, et l’escamotage du fonctionnement normal des institutions, contourné par un système de “coups fourrés ” organisés par des officines qui manipulent l’opinion.

Le risque est évidemment que la confiance envers les dirigeants américains soit totalement abolie,et que leurs discours soient mis sur le même plan que les discours intrinsèquement mensongers des dirigeants terroristes et/ou iraniens, et qu’une vision “comploteuse” du monde se développe, qui favorise évidemment tous les négationnismes.

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